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Depuis près de 30 ans, les Goo Goo Dolls conquièrent le cœur d’admiratrices de tout âge avec leur pop-rock sensible.

Impossible de se pencher sur le courant alt-rock ayant pris d’assaut les radios commerciales des années 1990 sans mentionner les «Goos», qui ont également été omniprésents au grand écran (voir City of Angels, Batman & Robin, Twister). Avec Iris, Name, Slide et Black Balloon, les rockeurs on ne peut plus «adultes contemporains» originaires de Buffalo ont à jamais marqué les premiers slows de millions d’étudiants en puberté.

Depuis quasiment 30 ans, le chanteur et guitariste des Goo Goo Dolls, John Rzeznik, compose des titres empreints de romantisme, mais dont les textes reposent également sur de solides remises en question. Rzeznik, avec son aura de rockeur sensible ayant conquis le cœur de plusieurs admiratrices, n’a jamais eu peur d’étaler au grand jour ses démons personnels, ce qui expliquerait pourquoi les fans sont toujours au rendez-vous 3 décennies et 10 (!) albums plus tard. Qu’il s’agisse de son combat contre l’alcoolisme ou de la révélation d’une grossesse non désirée, la musique a toujours servi d’exutoire pour ce chanteur aujourd’hui âgé de 48 ans.

«En vieillissant, tu réalises que ton succès a une date d’expiration, que ça ne durera pas à l’infini, dit Rzeznik. Tu commences à remettre en question certaines décisions, à faire des choix plus éclairés. La musique a toujours fait partie de mon processus de réflexion.»

Après avoir exploré des contrées assez douloureuses sur son dernier disque, Something for the Rest of Us, Rzeznik a voulu emprunter une voie plus lumineuse sur le 10e album de la formation. «Lorsque j’ai composé Something, je n’allais pas bien, et ça s’entendait. L’économie avait pris une méchante débarque, et j’ai passé beaucoup de temps à Buffalo, me replongeant dans des souvenirs d’enfance pas très joyeux… Avec Magnetic, je voulais m’ouvrir à la spontanéité qu’offre l’amour.»

Rzeznik, qui s’est d’ailleurs marié pour la deuxième fois l’été dernier, a ici fait appel aux services de quatre producteurs qui l’ont mis au défi et qui ne se sont pas gênés pour critiquer vertement certaines de ses ébauches moins réussies. «Sur les neuf premiers albums, je travaillais en vase clos, je guidais souvent à moi seul le navire. Cette fois, je voulais échanger avec d’autres et prendre plus de recul par rapport à mes idées.»

«Il n’y a plus de bière – uniquement de l’eau et des pommes – et quasiment tout le monde est marié! À la longue, [la vie de rock star] devient un gros cliché. Mais quand on a fondé le band, j’avais 19 ans… Qu’est-ce qu’un gars de 19 ans a de mieux à faire que de boire de la bière et de draguer des filles?» -Rzeznik, qui se souvient de ses motivations premières au moment de lancer le groupe : boire de la bière et rencontrer des filles.

Produit entre New York, Los Angeles, Buffalo et Londres, et adoptant une facture plus pop, Magnetic a permis au groupe de rompre avec la routine. Le succès critique du disque en a surpris plusieurs, à commencer par les principaux intéressés. «Ça fait toujours plaisir de savoir que l’album a été bien reçu du public, surtout pour un band comme le nôtre, qui existe depuis si longtemps. On est habitués aux gens qui veulent juste qu’on rejoue nos vieux hits.»

Avis aux fans de refrains dégoulinants de passion à la «I just want youuuu to know who I aaaam», ne partez pas en peur : Rzeznik nous assure que lui et ses Goo iront puiser dans leur discographie au grand complet en prévision de leur arrêt à L’Olympia.

The Goo Goo Dolls
À L’Olympia de Montréal
Lundi à 19 h
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