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Soumis par Sarah-Émilie Nault

J’ai eu la chance de rencontrer les sympathiques rockers membres du groupe Goo Doo Dolls, quelques heures à peine avant leur spectacle de mercredi soir à l’Olympia de Montréal. Relaxes, polis et très généreux, Johnny Rzeznik et Robby Takac, les deux membres fondateurs du groupe ainsi que Mike Malinin qui s’y est ajouté en 1995, m’ont parlé de Montréal, de leurs deux décennies de Rock et des difficultés de composer avec la technologie moderne.

« Montréal est un endroit splendide. Par contre, je me sens toujours embarrassé quand je suis ici car je ne parle pas du tout français » explique le leader du groupe, le oh-combien-séduisant Johnny Rzeznik, qui trouve tout de même comique de pointer sur le menu ce qu’il souhaite commander lorsqu’il se retrouve au restaurant.

Le groupe, qui a enregistré son premier album il y a 24 ans déjà, avoue qu’au départ il était plus un band de garage "hindie-underground" qui ne croyait pas vraiment qu’il allait percer un jour. « Jusqu’en 1995, nous retournions à nos emplois de jour une fois les micros fermés», s’est rappelé Johnny.

En plus des modes et des styles musicaux qui ont beaucoup changé à travers toutes ces années, il m’a confié que l’apparition d’internet - et par le fait même le piratage de musique - a rendu les choses beaucoup plus difficiles pour les musiciens et surtout, pour leur opportunité de vivre en tant qu’artistes.

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une génération de gens qui ont grandit sans le concept d’acheter des disques », a déploré le musicien. « Avant, nous écrivions des chansons pour vendre des disques. Maintenant, c’est une industrie où il faut survivre à travers tous ces autres aspects de la musique qui existent », a ajouté le basiste Robby Takac, visiblement ébranlé par la tournure des événements.

Un de leurs trucs pour vendre plus d’albums ? Inclure le CD dans le prix du billet de concert, ce qui fait un combo intéressant pour les fans qui se déplacent pour venir les entendre jouer.

Ils ont promis de jouer tous leurs succès – et ils sont nombreux - lors de leur concert à l’Olympia ce soir-là, en plus de présenter des nouvelles compositions de leur plus récent album intitulé Something for the rest of us. « Avoir des chansons que bon nombre de gens peuvent reconnaître et s’approprier est une sorte de bénédiction, il serait mal de ne pas les offrir à nos fans », a expliqué le chanteur qui trouve absurede le fait que certains groupes refusent de jouer leurs vieux succès en concert. « C’est parce que ce sont des enfoirés…. ! », a-t-il ajouté en rigolant.

À propos de ce nouvel album, le chanteur explique « C’est un album qui examine le côté plus émotif de cette Amérique qui, parfois, semble être en pleine destruction, économiquement et socialement, entre autres. » Un album qui exprime cet état d’alerte dans lequel il faut dorénavant vivre.

Ce qui est le plus intéressant dans le fait d’être une star du rock ? « Faire ce que tu aimes vraiment pour vivre, ce dans quoi tu as du talent. Et savoir que quand tu écris une chanson, cela peut changer, ou du moins faire partie de la vie de quelqu’un », a répondu le chanteur, plus volubile que ses deux comparses.

S’il avoue qu’écrire des chansons est un processus extrêmement égoïste, le chanteur ajoute qu’il aime écrire ses chansons de façon à ce qu’il y ai toujours de la place pour l’interprétation.

« Lorsqu’on m’arrête dans la rue pour me dire qu’une de nos chansons a joué un rôle important dans une vie, c’est ce qui est pour moi le plus satisfaisant », a-t-il ajouté.

Simples, amusants et d’un naturel déconcertant, les trois musiciens m’ont serré la main en me remerciant et en me lançant des "Nice to meet" you sincères. Je suis repartie flottant à demi sur un nuage musical, le cœur léger et une certaine chanson, Iris, me trottant dans la tête…
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