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Spectacles - Musique
Écrit par Philippe Rezzonico   
Mercredi, 16 février 2011 23:49
Mise à jour le Jeudi, 17 février 2011 00:01

Dès que le jeune couple tout juste sorti de l’adolescence qui venait de stationner sa voiture sur Sainte-Catherine est descendu de son véhicule en bras de chemise, on n’a pas douté une seconde que leur destination était L’Olympia de Montréal, à 50 mètres de là, où se produisaient mercredi soir les Goo Goo Dolls.

On se disait que c’était justement le genre de jeunes que l’on voyait aux shows du groupe américain au milieu des années 1990. C’est curieusement le type de public qui a généreusement rempli le parterre de L’Olympia : un public jeune, farci de couples trentenaires, mais aussi de fans qui n’étaient même pas en âge d’aller dans des salles de spectacles pour adultes quand la bande à John Rzeznik a gravé Name et s’est fait un nom.

Dire que cette performance était un bain de jouvence serait dans le ton. Tant pour le trio et leurs collègues musiciens que pour l’assistance. Je ne sais trop jusqu’à quel point les Goo Goo Dolls ont séduit des amateurs d’une nouvelle tranche d’âge avec leurs plus récents disques - dont Something For the Rest of Us paru l’an dernier -, mais entre les couples hétéros qui s’embrassaient comme s’ils revivaient leur jeunesse au fond de la salle et ceux qui la vivaient en se bousculant à l’avant-scène, tout le monde s’amusait ferme.

Il faut noter que si les Goo Goo Dolls n’ont jamais été un band étalon ou culte des années 1990 comme l’ont été les Nirvana et autres Nine Inch Nails, ils ont engrangé leur large part de succès fédérateurs. Mercredi, après avoir lancé le bal avec la récente Sweetest Lie, Rzeznik, Robby Takac et Mike Manilin ont balancé en succession Big Machine, Slide, Dizzy et Here Is Gone, toutes tirées de leur premier disque de grands succès, toutes jouées comme il le fallait, sans fla-fla et avec aplomb.

Faut dire qu’avec la cascade de hits qu’il a derrière lui, le trio ne s’embarrasse pas d’une quincaillerie inutile. Dans une salle comme L’Olympia, c’est aussi bien ainsi.

Et quand tu as un public qui peut chanter à l’unisson n’importe laquelle de tes chansons phares, tout baigne. Better Days, avec son amorce aux claviers, fait pas mal autant d’effet que naguère, mais c’est bien évidemment Name et Iris qui font toujours mouche plus que toutes les autres.

« Cette chanson a changé ma vie en une journée », a déclaré Rzeznik avant d’amorcer une livraison impeccable de son classique, à forte dominance de six cordes acoustiques. Il n’a pas eu besoin de faire de présentation pour Iris, l’une des chansons les plus jouées à la radio à la fin des années 1990, tous genres confondus. Et on a entendu les cris de toutes les filles dès les premières mesures.

Mais il y a aussi quelques titres récents des Dolls qui ont sérieusement touché la cible, comme Let Love In, qui a vu le parterre battre la mesure à plein pour cette chanson qui a tout juste l’âge de cinq ans.

Au final, rien de grandiose, mais un fichu de bon spectacle rassembleur qui aura démontré que les Goo Goo Dolls figurent parmi les rares groupes qui ont connu le succès dans les années 1990 à poursuivre leur bout de chemin.

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